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 Roxane...

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RoXane
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MessageSujet: Roxane...   Sam 9 Fév 2008 - 20:51

Elle se tenait là, sous la pluie froide, le regard perdu dans le vague, sa main serrant à peine son arc de bois noir. L'eau dégoulinait de sa chevelure de jais noire, elle était trempée jusqu'aux os et ses habits étaient gorgés d'eau. Mais elle ne semblait s'en soucier, ses yeux rouges éteints fixant un point inexistant dans le lointain.

Seules ses larmes qui se mêlaient à la pluie permettaient de voir qu'elle était encore de ce monde.

~~*~~


Si la Vie existait et était à accepter, la Mort l'était aussi.Comme toute chose en ce monde, il y avait complémentarité pour équilibre. Mais elle n'était pas prête à l'accepter. Qui n'a pas peur de la Mort, que ce soit la sienne ou celle des autres ?

Pourtant, elle l'avait semé, cette Mort. Non pas en masse, mais comme tout guerrier brâkmarien. Et elle n'avait pas peur de sa propre mort. Pourtant, cette Mort qu'elle avait à la fois affronté et servi était venue la frapper. Différemment. Elle ne s'y était pas attendue.

Elle avait été à la fois l'outil et la victime.

~~*~~


Tant de nuits passées à revoir leurs visages emplis de souffrance, à revoir la Mort les chercher par le bras de celle qu'ils aimaient. La douleur, la souffrance. Puis sa douleur, sa souffrance. Sa révolte. Envers ce supérieur qui lui avait ordonné la mise à mort des prisonniers. Simples paysans d'un village soupçonné injustement de coopération bontarienne. Ce supérieur auquel elle avait obéi, mettant à feu et à sang le village qui l'avait vu grandir dans la joie et la douceur. La maison de sa jeunesse avait brûlé. Le bonheur avait disparu. Seuls restaient ces visages souffrants. Et sa douleur, aussi bien physique que morale.

Elle n'avait pas pu être indifférente jusqu'au bout. Et elle en avait payé le prix. Et dans ses cauchemars, le dernier mot résonnait toujours dans sa tête, prononcé par son supérieur hiérachique :

- Traîtresse !

~~ * ~~

Lorsque ils vinrent l'emmener, elle n'opposa aucune résistance, laissant choir son arme de ses mains. Elle le regretta amèrement.

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RoXane
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MessageSujet: Re: Roxane...   Jeu 21 Mai 2009 - 22:42

[ Attention, c'est spécial ! Je l'ai fait il y a un moment, mais ce n'est pas fini ^^' ]

~~ * ~~


Depuis combien de temps suis-je ici ?

Ploc. Ploc. Ploc.

Ce bruit est obnubilant. Obsédant. L’eau s’écoule, lentement, goutte par goutte, dans cet espace restreint, sombre et crasseux. Mes yeux ne voient pas plus loin que ces barreaux de fer noir, épais. Dans un coin, une blancheur ternie. Ternie à en être devenue grisâtre. Cette blancheur, s’érodant au cours du temps, est la blancheur des os de mon prédécesseur, je pense. J’aurai souri à cette pensée, si mes lèvres n’étaient pas affreusement gercées. Un seul sourire, ou même une seule parole est pour moi synonyme de souffrance. Pourquoi aurai-je souri ? Situation ironique, rire jaune ou bien… folie dévastatrice. A vrai dire, je ne sais pas si j’ai encore toute ma tête, il est bien probable que mon esprit soit parti à la dérive…

Ploc. Ploc.

Le liquide poisseux coule sur mes tempes et mon front, et atteint enfin l’œil, qui se ferme mollement. Ma vigueur a disparu. La fraîcheur du vent, la chaleur de Brâkmar, tout ceci semble s’être envolé. C’était un rêve, ou un cauchemar. Atteindre la cible sous la bénédiction de Crâ, l’ai-je déjà vécu ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. Tout n’est que brume, brouillard. Peut-être que tout est bientôt fini. Je laisse échapper un faible soupir.

Ploc. Ploc.

Ce bruit est obsédant. Je n’aurai pas cru que dans les profondeurs de Brâkmar, je puisse un jour entendre ce bruit. La rougeur de la lave, la chaleur du basalte, les appels familiers des miliciens… Tout ceci me manque. Me manque et m’échappe. Ma mémoire ne sera bientôt plus qu’un trou noir, béant, à l’image de mes plaies sanguinolentes. Pourtant, de ce qui me reste de volonté, je veux me souvenir. Du rayon de soleil de mon village. Du visage empli de souffrance de mes proches. Même ceci, même les plus atroces des souvenirs, je veux les conserver. Mais tout s’échappe. Lentement. Sûrement. Folie.

Ploc. Ploc.

Mes paupières s’entrouvrent, et je cherche désespérément l’origine de ce bruit, qui dure, dure et dure depuis des secondes, des minutes, des jours ou des heures, je ne sais pas. Ce bruit qui est le témoin du temps, du temps qui s’écoule, qui s’écoule pendant que je ne fais rien. Il ne me semble plus que je sois vraiment part de ce monde. Seule la souffrance résonne en moi, écho de mon impuissance. Ne plus agir, ne plus penser. Et même oublier. Puis-je prétendre au titre d’être vivant ? D’être humain ? D’être pensant ? Bientôt, je ne me poserai même plus ces questions. Souffrance, tout n’est que souffrance. Et folie.

Ploc. Ploc.

Où est-elle ? Cette source qui serait à nos soifs une eau fraîche ? Mon ouïe altérée a enfin saisi la provenance de ce son, ce qui me reste de pensée se focalise sur cet endroit. Cet endroit si proche, mais hors de portée. Hors portée, une expression que je n’apprécie aucunement, comme tous mes semblables sous la protection de Crâ. Ma gorge est sèche. Elle appelle à cette eau inaccessible. Telle Tantale subissant son supplice aux Enfers, je ne peux que laisser mon esprit sombrer dans les profondeurs abyssales de la folie. Crâ me protège-t-elle encore ? Ma vue se voile, mais le doute subsiste.

Ploc. Ploc.

Toujours ce bruit. Encore, et toujours. Qu’il stoppe, qu’il s’arrête. Que le monde se taise, que le monde s’arrête, que le monde cesse de me rappeler que je suis ici, que le temps s’écoule, que je suis en vie. Entravée par des chaînes, je préfèrerai mourir. Mourir. Libre.

Ploc. Ploc.

Sortez-moi d’ici !

~~ * ~~


Les rues de Brâkmar, sombres et dallées de basalte, n’ont pas changé. Enfin, je ne peux l’affirmer, car le souvenir que j’en ai gardé est flou, immatériel. Presque perdu. Les rougeurs de la lave traversant la cité des Démons de Djaul sont-elles toujours aussi vives ? Aussi chaudes ? Quelques images sont restées dans ma mémoire, les sensations se sont perdues. A jamais ? A jamais, semble me dire le regard de ceux qui m’entourent. Sont-ils comme moi ? Las de vivre ? Epris de liberté, tant épris, séduits par cette image qu’ils se jetteraient dans les bras de la Faucheuse à corps perdu, comme je le ferai ? Ont-ils souffert, ont-ils laissé une marque semblable à la mienne sur le sol des cachots démoniaques, une marque d’une rougeur sanguinolente ? Leur esprit est-il semblable au mien ? Perdu ?

Dans les méandres de ma pensée, de mon âme et de mon esprit, ma raison s’est perdue. Volatilisée. Je ris de ce jour néfaste, ce jour où, enfin, la mort me sera offerte sur un plateau d’argent. Aucune peur dans mon regard, ou même dans mon cœur. Je reste interdite devant les tremblements de frayeur de certains de mes compagnons. Ils ont peur de la mort. Pourquoi avoir peur de la liberté ? Cela n’a aucun sens. Plus rien n’a de sens, vite, que je meurs, que je cesse de penser, que je sois libre de cette pensée désorganisée, insensée.

Le fer nous presse, je ne tente même plus de comparer cette Brâkmar à celle de mes souvenirs enfumés. Par ma seule volonté de voir la Faucheuse prendre mon âme et l’emmener dans son antre, mon corps avance, et passe les grilles de la cité de Djaul. Je redécouvre la chaleur de ce fleuve de feu encerclant la cité de basalte. Cette sensation ne restera pas. Je n’emmènerai rien avec moi, dans la mort. Rien, juste ma liberté. Enfin, dirai-je. Jamais je ne serai plus libre qu’au moment de mourir.

Les corps se bousculent dans les landes désertiques. Vite, vite, disent-ils. Vite, vite, répond le murmure silencieux de mon âme à l’agonie, avant même de ressentir une quelconque souffrance physique. Mon regard terni se posent sur ceux que je soupçonne être comme moi. Condamnés, disent-ils. Condamnés à la liberté, condamné à une merveille. Pourtant, eux semblent accablés, par cette condamnation, par cette libération.

Âme égoïste perdue dans les méandres de la folie qu’est la mienne. Je n’ai plus rien à perdre. Que je meure, que je rejoigne ceux que j’ai tué de mes propres mains. Même l’arc et la flèche qui étaient miens ne sont plus dans mes mains, et ce depuis que l’eau coule dans ce milieu clos duquel on me sort enfin aujourd’hui, pour m’offrir un présent inestimable.

Mort, Faucheuse, venez donc me chercher, me cueillir, je m’offre corps, cœur et âme à votre poigne glacée…

Miliciens, votre ordre est mon salut, le fer de votre lance ma bénédiction. Point de regrets, la seule chose que vous recevrez sera ma gratitude…


~~* ~~



… ou ma malédiction.

Chiens de Djaul, vous ne savez vivre, vous ne savez donner la mort. Vous êtes les premiers que je dénigre, que je maudit. Incapables de donner le salut à une âme que vous aurez fait souffrir jusqu’au bout, que la folie aura rongé au plus profond d’elle-même. Ceci est une promesse, je le jure, vous le paierez. Pour ne pas m’avoir donné la mort, pour m’avoir laissée agonisante dans ces landes, ces plaines, à quelques kilomètres de mon village natal, à quelque kilomètres du tournant de ma vie, de ma condamnation à mort par mon attachement sentimental, par mon propre cœur.

Pourquoi tous ces corps sans vie, libres, et le mien, labouré jusqu’aux os, mais contenant encore un souffle de vie ? Point de réponse, seule vengeance reste. Agonie, prends moi, fais ce que les Démons de Djaul n’ont pas su faire !

Mais non. La Faucheuse me renie, la Mort me tourne le dos. Je veux mourir. Être libre. Pourquoi ceci m’est-il refusé ? Mes ongles cassés s’enfoncent dans ma chair, ma volonté anime leur mouvement. Je veux mourir. M’ôter la vie.

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MessageSujet: Re: Roxane...   Dim 24 Mai 2009 - 21:21

=O tu aime le RP a se que je vois et faire tous sa tu a du courage Wink


papy cheers
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MessageSujet: rp   Mer 17 Juin 2009 - 8:49

Je visite le forum vaguement, j'ai pas tout lu ;D mais une bonne moitie et franchement c'est super, et g g pour le contenu =O santa
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